Le « triple A » du budget 2012 : Austérité, Austérité, Austérité

, par udfo58

Le projet de loi de finances pour 2012 constitue le budget de l’Etat le plus contraint depuis plus de 60 ans. Dans un cadre de soumission imposée par les marchés, le montant des intérêts de la dette (50 Mds€) deviendrait la première des dépenses de l’Etat l’année prochaine !

30 401 postes seraient fermés (14 000 à l’Education nationale, 3 621 à la Défense et autant à l’Intérieur, etc), s’inscrivant dans la destruction de 500 000 emplois publics et la suppression des 2/3 des effectifs départementaux de l’Etat entre 2007 et 2013.

En plus de l’annulation et du report de 2,5 Mds€ sur 2011/2012, les dépenses de fonctionnement et d’intervention de l’Etat seraient réduites de 2,5% en 2012 (elles l’étaient déjà de 5% en 2011) : la mission « Travail et Emploi » subirait une baisse de 12,18%, en pleine crise de l’emploi.

Alors que les réformes en cours (RGPP, loi HPST, réforme territoriale) entrainent déjà des fermetures de services dans les hôpitaux (11%), de maternités (6%), de commissariats (12%), de gendarmeries (21%), de tribunaux (38%), de bureaux de poste (35%), de classes (1 500 à cette rentrée 2011), d’écoles, de bases militaires, de sous-préfectures, etc, ce budget 2012 accélérerait la destruction des missions et des services publics, partout et dans tous les domaines.

A coté de cette véritable saignée de l’intervention publique, la « contribution exceptionnelle sur les hauts revenus » rapporterait seulement 200 M€ par an… alors que l’allègement de l’ISF, décidé en contrepartie de la suppression du bouclier fiscal va représenter un coût annuel de 2 Mds€ !

FORCE OUVRIERE condamne ce projet de budget 2012. La seule réponse crédible à la question des finances publiques est d’arrêter de véritables pistes redistributives selon une réforme fiscale d’ampleur remettant l’impôt sur le revenu au cœur du dispositif, en supprimant les niches fiscales anti-sociales et négatives pour l’emploi et en s’intéressant aux besoins publics et aux recettes fiscales nécessaires pour y répondre. En un mot, mettre la République en tête des priorités.

FORCE OUVRIERE réaffirme que les services publics doivent, plus que jamais, être renforcés pour combattre la pauvreté et les inégalités grandissantes et répondre aux immenses besoins sociaux. De plus, la consommation des ménages est la clef de la croissance pour relancer durablement la création d’emplois pérennes et de qualité. L’augmentation des salaires est non seulement une nécessité sociale et économique mais elle constitue la revendication majeure pour tous les travailleurs face à un tel budget d’austérité.